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LA
BAIE JAMES, UN CLIMAT MARQUÉ PAR LES EXTRÊMES
À l'austérité et
à l'immensité du territoire s'ajoute la
rigueur d'un climat de type froid continental.
L'hiver établit ses quartiers
à la fin d'octobre et ne se retire qu'au début
de mai. La température moyenne minimale est d'environ
-23°C en janvier et il arrive qu'elle plonge à
-50°C au plus fort de la saison froide. Le vent
accentue encore la morsure du froid, qui est d'ailleurs
plus gênant que la neige. En effet, les précipitations
sont moindres qu'à Montréal : 765 millimètres
de pluie ou de neige en moyenne par an, tandis que Montréal
en reçoit 1 050 millimètres.
Pourtant, l'été n'est pas froid : en juillet,
la température moyenne se maintient aux environs
de 14°C, avec des pointes occasionnelles à
34°C. Sous ces latitudes nordiques, les soirées
d'été sont longues, douces et lumineuses.
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L'HYDROGRAPHIE
Le système hydrographique du
versant québécois de la baie James est
constitué de quelques grandes rivières
ayant peu d'affluents, et dans lesquelles viennent se
jeter presque directement les lacs du plateau intermédiaire.
L'ensemble de la région est relativement
bien arrosé : toutes les rivières sont
alimentées par les pluies et les neiges. À
la forte crue de printemps engendrée par la fonte
des neiges fait suite l'étiage d'été,
plus ou moins prononcé selon les années.
Quant à la crue d'automne, d'origine pluviale,
elle se traduit plutôt par un gonflement des eaux;
dès novembre, par contre, le niveau des eaux
commence à baisser.
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AU
PAYS DE LA TAÏGA
La végétation de la région
est celle de la taïga : une forêt clairsemée
et entremêlée de tourbières, abondantes
sur la plaine côtière. On y trouve principalement
des épinettes noires, des pins gris, des mélèzes
et des trembles. Le diamètre des arbres n'atteint
que 10 à 15 centimètres; les espèces
sont donc impropres à l'exploitation commerciale.
Saules, lichens et mousses complètent le tableau.
Quelques feuillus réussissent à s'implanter
dans les rares endroits protégés du vent
et exposés au soleil.
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LA
FAUNE TERRESTRE
Bien que la densité des ressources
fauniques soit généralement plus faible
que dans les régions plus méridionales
du Québec en raison de la rigueur du climat,
la diversité des espèces est grande. On
a en effet dénombré 39 espèces
fauniques, dont l'orignal, le caribou, le castor, le
rat musqué, le lynx, la loutre, le renard roux,
l'ours noir, le vison, le lièvre d'Amérique,
l'écureuil roux et la martre. Les trois premières
espèces ont fait l'objet des inventaires les
plus complets, étant donné leur intérêt
économique ou sportif.
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LES
OISEAUX
Les côtes de la baie James offrent un large éventail
d'habitats propices aux oiseaux migrateurs (îles,
battures, marécages côtiers, tourbières).
Par contre, la région intérieure compte
peu de milieux accueillants pour la sauvagine. Parmi
les espèces caractéristiques de la côte
se trouvent les oies (bernache du Canada, oie blanche),
les canards barboteurs (canard mallard, canard noir),
les canards plongeurs (morillon, garrot commun, becs-scies),
les canards de mer (eider commun, macreuses) et les
oiseaux de rivage (bécasseaux, pluviers, etc).
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LES
POISSONS
Dans l'ensemble, les poissons ont une croissance plus
lente que ceux des régions du sud de la province,
mais ils peuvent atteindre des tailles comparables en
raison de leur plus grande longévité.
La fécondité généralement
faible, la maturité tardive et les cycles de
reproduction espacés caractérisent leur
reproduction.
Les espèces les plus abondantes sont les meuniers
rouges et noirs, le grand corégone, le cisco
de lac, le grand brochet, le touladi, le doré,
l'omble de fontaine et la ouananiche. Cette dernière
espèce n'existe toutefois que dans la Caniapiscau.
Le nombre des espèces diminue du sud au nord
et d'ouest en est.
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L'OCCUPATION
HUMAINE
Malgré un climat rigoureux, la présence
humaine est très ancienne sur le territoire de
la Baie James. D'après les fouilles archéologiques
faites dans les zones touchées par le complexe
La Grande, elle remonterait à environ 4 000 ans.
La population crie est la principale population autochtone
de ce territoire. Quelques Inuit vivent aussi à
la limite du territoire, mais la majorité d'entre
eux vivent au nord du 55e parallèle.
Enfin la population jamésienne se chiffre à
plus de 20 000 habitants regroupés principalement
dans les villes minières du Sud, à l'exception
des travailleurs qui vivent à proximité
des divers chantiers et des installations hydroélectriques
du complexe. Radisson est le seul village jamésien
permanent établi dans le nord du territoire.
Depuis la construction de la route Matagami-La Grande-2,
cette région est également fréquentée
par des touristes, des chasseurs et des pêcheurs
blancs.
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LE
TERRITOIRE
Selon la Loi sur le développement de la région
de la Baie James (1971), le territoire de la Baie James
couvre 350 000 kilomètres carrés, soit
20% de la superficie du Québec. Il est donc aussi
grand que l'actuelle République fédérale
d'Allemagne ou que les deux tiers de la France. Comme
tout le reste du Québec, il recèle une
abondance de lacs et de rivières.
Partie intégrante du bouclier canadien, le territoire
de la Baie James forme une vaste plate-forme caractérisée
par des formations géologiques très complexes
qui remontent à la période du précambrien,
il y a quelque 2,5 milliards d'années.
Pendant l'ère quaternaire, les attaques répétées
des glaciers ont érodé le socle rocheux.
La dernière glaciation, d'une durée approximative
de 85 000 ans, a effectué son repli il y a environ
5 000 ans. Ses traces sont encore évidentes :
affleurements rocheux dans les hautes terres et, dans
les dépressions et sur les flancs de collines,
dépôts de till (débris de roche
entraînés par les glaciers).
D'ouest en est, le relief comprend d'abord une plaine
côtière argileuse large de 150 kilomètres
et parsemée de tourbières, puis un plateau
central moutonné et criblé de lacs, et
enfin une zone plus accidentée à l'est.
Il y a près de 8 000 ans, la mer de Tyrrell recouvrait
la plaine côtière jusqu'à la cote
d'altitude de 290 mètres. C'est dans les dépressions
laissées par cet environnement marin que se sont
déposés de l'argile silteuse et du sable
fin.
En vertu de la loi adoptée en 1971, le territoire
de la Baie James est borné à l'ouest par
la baie James et la limite occidentale du Québec,
au sud par le 49e parallèle de latitude nord,
à l'est par la ligne de partage des eaux établie
entre le bassin versant de la baie James et celui du
Saint-Laurent, et au nord par le 55e parallèle
de latitude nord.
Des espèces végétales clairsemées
et de petite taille composent la forêt qui domine
cette vaste région qualifiée d'austère
et de monotone par maints visiteurs. Ici et là
apparaissent des brûlis, vestiges d'incendies
allumés par la foudre à la faveur des
longues sécheresses de l'été et
nourris par cladonie, une variété de lichen
qui recouvre le sol. Des tourbières, qui se sont
réticulées sous l'influence du froid et
du gel, avoisinent la forêt. Ce milieu marécageux,
résultant de la décomposition de végétaux,
favorise la prolifération des moustiques.
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